Le Mois de la santé mentale revient du 10 septembre au 10 octobre pour sa 5e édition, avec cette année pour thématique l’estime de soi, un facteur important du bien-être individuel. Longtemps resté un sujet tabou en Suisse romande, le bien-être psychique sort enfin des salons de consulting et des murs des hôpitaux pour investir la place publique. Cette mobilisation généralisée mérite qu’on s’y attarde.
Initié en 2022 par le canton de Vaud, le Mois de la santé mentale vise à sensibiliser la population aux enjeux de santé mentale et à informer sur les ressources disponibles en matière de prévention et d’accompagnement. Mais ce qui distingue cette édition 2026, c’est son ampleur territoriale : l’ensemble des cantons latins participe à cette démarche en proposant des événements sur le thème de l’estime de soi. Vaud concentre bien sûr les efforts, avec de nombreux événements prévus dans le canton sur cette thématique, dont des stands d’information, des conférences et ateliers ou encore un lunch santé, avec séances de projection, journées avec stands photo ou de partage, tables rondes, ateliers, expositions, symposiums, concours d’arts plastiques, “café-philo” ou stand sur les marchés.
Un projet qui s’élargit aux franges de la Romandie
Pour la première fois, le Mois de la santé mentale aura lieu dans le canton du Jura du 10 septembre au 10 octobre 2026, dans une campagne initiée en 2022 par le canton de Vaud et désormais étendue à l’ensemble des cantons latins. Le Jura accueille cette initiative avec ambition : plus d’une vingtaine d’actions seront proposées par des partenaires régionaux actifs dans le domaine de la santé mentale.
Neuchâtel lui aussi franchit le pas. Le canton organise son deuxième Mois de la santé mentale, du 10 septembre au 10 octobre 2026, avec une programmation gratuite qui réunit notamment théâtre, yoga, marche en pleine conscience, journal créatif, conférences et tables rondes.
L’estime de soi comme baromètre du bien-être
Le choix du thème pour 2026 n’est pas anodin. L’estime de soi désigne le regard global que nous portons sur nous-mêmes et la valeur que nous nous accordons. Elle se construit sous l’influence de nombreux facteurs, liés à notre histoire personnelle, à nos expériences, à nos vulnérabilités, mais aussi au contexte social, culturel et environnemental dans lequel nous vivons.
En mettant ce concept au centre, la Suisse romande reconnaît implicitement un malaise croissant. L’estime de soi n’est plus une affaire privée, intime ou réservée au cabinet du psy. C’est un enjeu collectif qui mérite l’espace public, les conférences, les débats.
Cette campagne symbolise une rupture politique avec des décennies de silence institutionnel sur la santé mentale. En débutant entre la Journée mondiale de la prévention du suicide (10 septembre) et celle de la santé mentale (10 octobre), le calendrier romand renverse les priorités : on ne parle plus uniquement de crise, de problème, mais de préservation active du bien-être psychique.
Les Romands sont invités à s’approprier ce mois. Que ce soit à Lausanne, Genève, Neuchâtel ou Delémont, les activités proposées démultiplient les points d’accès à ces enjeux. De nombreux partenaires se sont impliqués et ont imaginé des formats variés pour aborder la santé mentale et l’estime de soi. Cette pluralité des approches témoigne de l’urgence à normaliser ces conversations.