À un an du prochain grand rendez-vous électoral national, l’UDC atteint son plus haut niveau historique avec 24,4% des sièges parlementaires cantonaux, renforçant sa domination suite aux élections cantonales de 2026. Pourtant, une région refuse obstinément de suivre la tendance nationale: la Suisse romande.
Alors que le parti national-populiste accumule les succès dans les cantons alémaniques, la situation demeure radicalement différente à l’ouest. Aligner sa force gouvernementale sur sa force parlementaire apparaît comme un objectif encore plus difficile à atteindre, surtout du fait de la Suisse romande, observe Pascal Sciarini, professeur de science politique à l’Université de Genève.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Tous les cantons romands ont dit non au texte de l’UDC sur la limitation de la population lors de la votation du 14 juin 2026, dans une fourchette de 67% à Neuchâtel à 52% au Valais. Ce résultat traduit un clivage fondamental entre les deux Suisse: tandis que l’extrême droite fait des percées spectaculaires en Suisse alémanique, la Suisse romande s’affirme comme une zone de stabilité progressiste.
Cette résistance romande ne relève pas du hasard. Elle reflète une architecture politique et sociale spécifique, où les coalitions de centre-gauche restent solides et où les enjeux sociétaux demeurent au cœur des débats publics. Les récentes élections cantonales l’ont confirmé: même là où l’UDC a progressé, elle n’a pu imposer un vrai tournant idéologique aux gouvernements locaux.
En novembre, le canton de Fribourg clôturera la ronde des élections cantonales de cette année. Plus de deux tiers des cantons auront alors renouvelé leurs parlements et gouvernements depuis les élections fédérales de 2023. Mais le message de ces scrutins régionaux est sans équivoque pour la Suisse romande: la majorité refuse le tournant populiste et sécuritaire que promeut l’UDC.
En octobre 2027, l’UDC pourrait percer le plafond de verre des 30% aux élections du Conseil national. C’est une menace réelle au niveau fédéral. Cependant, le rapport de force aux gouvernements cantonaux reste verrouillé. Les partenaires de gouvernance, les sociaux-démocrates, les écologistes, les radicaux et les centristes, forment une majorité qui continue de faire barrage à droite.
Pour la Suisse romande, cette stabilité n’est pas acquise. Elle demande du travail politique constant, de la mobilisation électorale, et une vigilance permanente face au message de peur et d’exclusion que cultive l’extrême droite. Mais à mi-chemin avant les élections fédérales de 2027, la région a prouvé qu’elle n’entendait pas basculer sans résister.