Les autorités genevoises croyaient avoir tourné la page. Seize ans après avoir reçu des avertissements, la Ville de Genève accumule toujours les écarts dans ses procédures d’embauche. C’est ce que révèle cette semaine un rapport édifiant de la Cour des comptes, dont les conclusions tranchent avec le discours officiel sur la bonne gouvernance.
Les pratiques épinglées sont sans détour: des choix de candidats injustifiés, des postes réservés d’avance à tel ou tel favori, des magistrats directement impliqués dans ces arrangements opaques. Ce n’est pas une bavure isolée, mais une culture de l’entre-soi qui paralyse l’accès égalitaire aux emplois publics.
Un système verrouillé qui fait tache dans la démocratie romande
Pour un média suisse romand attaché à la transparence et aux principes démocratiques, ce rapport soulève des questions qui dépassent les frontières genevoises. Comment une administration publique peut-elle ignorer pendant seize ans des recommandations destinées à nettoyer son processus de recrutement? Comment des magistrats élus par les citoyens peuvent-ils se servir de leurs fonctions pour contourner la règle du jeu?
Genève n’est pas isolée. D’autres collectivités romandes n’ignorent pas ces logiques de patronage ou de connexions bien placées. Mais la Ville de Genève, qui se présente volontiers comme un phare de la modernité politique, démontrait au contraire une inertie troublante face aux dysfonctionnements qu’on lui signalait.
Briser le silence, restaurer la confiance
Ce qu’il faut retenir de ce rapport, c’est d’abord l’exigence de changement immédiat. Les élus genevois ne peuvent ignorer plus longtemps un mal qui pourrait ébranler la légitimité des institutions publiques. Les citoyens romands ont le droit d’une administration recrutée au mérite, où la porte est ouverte à tous sans faveur invisible.
La Cour des comptes a joué son rôle: documenter, alerter, exiger des comptes. Aux magistrats de Genève de prouver qu’ils écoutent. La Romandie regarde.