Entre réchauffement climatique et failles géologiques, le lac des Brenets agonise et ses riverains lancent un appel au secours. Ce n’est pas un phénomène passager : c’est une catastrophe écologique en cours dans le Jura neuchâtelois, à seulement quelques kilomètres de la Suisse romande.
Le lac des Brenets, patrimoine naturel emblématique de la région, disparaît à vue d’œil. Les habitants et les acteurs du tourisme local n’ont d’autre choix que de crier au secours. Des habitants ont même tracé le mot « HELP » dans l’herbe d’une vue aérienne en octobre 2026, transformant leur paysage en appel désespéré adressé à qui voudrait bien les entendre.
Le problème dépasse largement les simples aléas climatiques. Certes, la succession de sécheresses et l’intensification des canicules érodent les réserves d’eau. Mais d’autres facteurs jouent : des failles géologiques drainant l’eau vers d’autres bassins, une évaporation accrue, une démographie de crise pour les petites communes riveraines qui vivent du tourisme. Tout converge pour anéantir ce qui faisait vivre ces villages pendant des décennies.
Ce qui se passe au lac des Brenets n’est malheureusement qu’un symptôme parmi tant d’autres. La Suisse romande connaît depuis plusieurs années une multiplication d’alertes environnementales : neiges éternelles qui fondent, nappes phréatiques épuisées, conflits pour l’eau. Chaque été apporte son lot de records de chaleur et de sécheresse. Chaque automne oblige à constater les dégâts. Et pourtant, la réaction des pouvoirs publics reste largement insuffisante.
Les riverains du lac des Brenets ne demandent rien d’extraordinaire : des moyens pour comprendre et, si possible, enrayer la catastrophe. Ils espèrent que cette région de frontière ne sera pas abandonnée au profit d’enjeux jugés plus urgents ailleurs. Ils veulent que les politiques, au niveau cantonal comme fédéral, sortent enfin de l’inaction.
Car ce que vivent ces petites communautés neuchâteloises, d’autres régions romandes le vivront ou le vivent déjà. L’urgence climatique n’est plus une abstraction : elle s’incarne dans les murs de pierre d’un lac qui se vide, dans l’angoisse des petits commerçants qui ne savent pas s’ils auront encore des clients l’été prochain, dans l’exode rural qui s’accélère quand le contexte devient invivable.
Le moment de parler n’a pas encore passé. Le moment d’agir non plus. Mais chaque jour qui s’écoule sans réponse sérieuse des collectivités responsables est un jour de perdu. Et au rythme actuel, le lac des Brenets n’a plus beaucoup de jours devant lui.