Une quête de fertilité ponctuée d’épreuves
À 37 ans, Katrin cherche à concevoir naturellement. Lors de sa première tentative, une grossesse survient rapidement mais se termine prématurément. Un an plus tard, elle retombe enceinte, mais cette seconde grossesse se termine aussi avant le terme.
Des diagnostics et des essais de stimulation
Après cette deuxième fausse couche, la gynécologue oriente le couple vers une clinique de fertilité. Le bilan révèle un taux de prolactine élevé, ce qui peut empêcher l’implantation des ovules. Des médicaments permettent de le réduire. Une stimulation hormonale est ensuite mise en place pour déclencher l’ovulation, accompagnée de rapports sexuels planifiés. Malgré ces traitements, Katrin ne parvient pas à tomber enceinte.
L’étape suivante est l’insémination, qui échoue également. Les spécialistes recommandent alors une fécondation in vitro (FIV). Le protocole de FIV impose à Katrin des injections d’hormones chaque soir. Tous les deux ou trois jours, elle se rend à la clinique pour suivre le développement des follicules, leur nombre et leur taille. Les follicules sont prélevés, les ovules fécondés in vitro et, ensuite, un embryon est réimplanté. Deux semaines après la ponction, les règles surviennent.
Une pause forcée par la pandémie et le tournant intérieur
Le couple souhaite faire une pause avant une éventuelle nouvelle FIV, mais la pandémie de Covid-19 s’impose et transforme cette pause en une période prolongée sans fécondation artificielle.
Pour Katrin, cette pause est libératrice: elle éprouve moins de pression et se sent moins coupable de « perdre du temps ». Elle comprend qu’elle n’a pas envie d’entamer une nouvelle FIV; les épreuves psychiques et physiques pèsent lourd. Si une grossesse venait à nouveau, elle se sent convaincue qu’elle serait naturelle, comme pour les deux grossesses précédentes.
Le couple fait alors le pas vers un “plan B”: une vie à deux, sans enfants. Puis Katrin tombe enceinte une troisième fois de manière inattendue. Cependant, sept semaines plus tard, des saignements surviennent et la grossesse s’interrompt à nouveau.
Quelques semaines après, Fabian, journaliste, reçoit une offre de poste à Washington, ouvrant une nouvelle étape et une nouvelle aventure professionnelle et personnelle.
Un nouveau départ aux États‑Unis et l’émergence du soutien
Aux États‑Unis, le couple s’emploie à construire cette vie nouvelle. Katrin, cependant, ressent encore les traces des années d’expérience et se sent parfois isolée, sans centres d’aide adaptés. Elle se heurte à des histoires de réussite où des cycles de FIV aboutissent à un bébé; ce sont des exemples qui ne reflètent pas nécessairement sa réalité. Pour reprendre le contrôle, elle s’entoure d’amies et lance le podcast Expectations avec Rahel, amie ayant choisi de ne pas avoir d’enfants. Ce podcast vise celles et ceux qui restent sans enfant, volontairement ou non.
Ce format lui permet de mettre des mots sur son vécu et de nouer des échanges avec d’autres personnes concernées. Elle se sent enfin comprise et moins isolée. Par ailleurs, elle fonde l’association Kinderwunsch Peer-Support, qui met en relation des personnes souhaitant un enfant mais n’ayant pas concrétisé ce désir, avec des pairs ayant une expérience similaire.
Retour en Suisse et perspective
Aujourd’hui, le couple profite de cette vie à deux et s’attend à de nouvelles aventures. Après près de trois mois à travers les États‑Unis sous une tente, ils reviennent en Suisse, impatients de découvrir ce que réserve ce nouveau chapitre helvétique.