Au petit matin du 3 juillet, alors que le soleil se levait à peine au Canada, des milliers de Suisses branchés sur le match de Coupe du monde vivaient des instants de pur bonheur. La Suisse a remporté une victoire nette et sans appel face à l’Algérie 2-0 grâce aux buts de Breel Embolo et Dan Ndoye, pour accéder aux quarts de finale du tournoi.
En Suisse romande, le spectacle n’a pas attendu le coup de sifflet final. Malgré l’heure matinale, des centaines de supporters suisses se sont rassemblés vendredi dans divers lieux du pays, de Lausanne à Nyon en passant par Genève et Sion, pour encourager la Nati en 16e de finale. À Sion notamment, quelque 300 personnes avaient répondu présent, se retrouvant face aux écrans géants pour vivre ce moment collectif avant même que l’aube ne perce.
Une unité nationale au réveil
Maillots rouges sur les épaules, cafés fumants à la main, croissants chauds, chaque occasion suisse faisait retenir son souffle au public, avant que les deux buts helvétiques ne déclenchent une explosion de joie. Dans ces fan zones dispersées à travers le pays, on a retrouvé pêle-mêle des familles, des jeunes adultes, des retraités, des passionnés invétérés et des curieux simplement venus partager une heure de communion nationale.
Un supporter réuni à Sion a confié son sentiment : « Il y avait plein de gens de tous les âges, ce qui montre que toute la Suisse est soudée quand il y a la Coupe du monde ». Cet enthousiasme bigarré, au sein duquel les générations se côtoyaient sans réserve, traduit quelque chose que les chiffres de participation aux fan zones rendent visible : en Suisse romande comme ailleurs, le football de sélection continue de mobiliser un public transversal, au-delà des frontières habituelles des supporters urbains ou ruraux.
Une qualification qui prolonge une série
La « Nati » a atteint pour la quatrième fois d’affilée le stade des huitièmes de finale du tournoi. Cette constance, souvent inaperçue dans le flux quotidien des informations, constitue pourtant une performance respectable sur la scène internationale. Sans faire de sentiment face à son ancien sélectionneur Vladimir Petkovic, désormais sur le banc des Fennecs, qui avait guidé la Suisse de 2014 à 2021, la Nati a signé sa maîtrise tactique et sa discipline défensive.
L’équipe de Murat Yakin poursuivra son aventure mardi prochain. Le prochain adversaire sera la Colombie ou le Ghana, opposés vendredi à Kansas City, dans la province de Colombie-Britannique. La route vers les quarts de finale reste semée d’embûches, mais cette victoire sans détour a prouvé que la sélection suisse possède les ressources pour sortir des matchs à élimination directe.
Pour les supportrices et supporters de Suisse romande, ce succès aura eu le mérite de sceller, ne serait-ce que quelques heures, ce sentiment rare que la condition suisse peut produire : celui d’une communauté qui regarde, ensemble, ses champions relever des défis qu’elle projette sur l’écran mondial.